vendredi 25 juin 2010
La débâcle des bleus, ou ....
jeudi 24 juin 2010
Match à PE
jeudi 17 juin 2010
Coup d’envoi
Je voudrais vous parler de l’ambiance du premier WE du mondial, dans le petit village d’Addo.
Le coup d’envoi, ne fut pas celui qu’on attendait.
Le jeudi soir pourtant vuvuzela se répondaient, d’un bout à l’autre du secteur et beaucoup de chants fusaient des camions qui ramènent les ouvriers.
Le vendredi matin, Sandra, notre responsable du magasin, nous fait part de son inquiétude, son neveu a poignardé sa copine au matin, elle ne comprend pas ce qui s’est passé et ne sait pas où se trouve celui-ci. Une heure après elle apprend qu’il s’est jeté sous le train.Je l’ai accompagnée dans sa famille et un grand rassemblement se trouvait à la petite gare. Très vite nous en comprîmes le motif.
Un silence religieux pesait sur la foule, chacun venait s’y recueillir, tout le village est venu et allait témoigner de sa sympathie à la famille.
Finalement la copine est hors de danger, elle a reçu une dizaine de coups et une artère était touchée, elle a eu de la chance. Le motif paraît être : l’argent qu’elle ne voulait pas lui rendre, ce qu’elle avait reçu pour faire les courses de la semaine et qu’elle n’avait pas fait pour la bonne raison qu’elle était allée vivre chez sa mère !
Je vous dit tout ça parce que cela démontre à quel point on est fataliste ici, il ne lui demande pas de revenir, il lui réclame l’argent pour pouvoir manger. Quand elle a perdu connaissance, il a paniqué, le train arrivait…Il a couru à sa rencontre sans entendre les appels d'un voisin qui passait par là. Ils ont 2 enfants 7 et 8 ans.
Une chape de tristesse m’a plombée, pensant que tout ce village qui s’apprêtait à faire la fête, se trouvait dans la peine mais surtout pour cette famille qui n’a rien vu venir et qui ne comprend rien, le père m’a dit : on doit accepter.
J’avoue ensuite, avoir eu beaucoup de colère, et ce pendant plusieurs jours, car ici les femmes sont victimes du traditionnel machisme. La plupart se font régulièrement taper par leur ami, amant, mari, mais elles restent. Sur mes 4 employées, 3 reçoivent régulièrement des coups, mais le plus fort, c’est notre plus jeune, elle a 20 ans, mais elle, a décidé de rendre coup pour coup, elle n’est pas mariée, ils ne vivent pas ensemble, mais ne souhaite pas le quitter, que sera leur vie dans qq années ? La violence risque de passer à l’étape ultime.
Je n’arrive pas à comprendre, ils sont à la messe tous les dimanches, et s’entretuent la semaine. C’est désespérant. Samedi matin, une pauvre femme, enceinte, avec un petit garçon, est venue se réfugier chez nous car son ami la poursuivait et voulait la frapper.
Combien faudra-t-il de générations pour que le sort des femmes change, et que la gente masculine leur accorde enfin le respect qu’elles méritent.
Suite du WE.
Nous avions pour le vendredi soir, une réservation pour 2 nuits, pour 14 personnes, faite par le propriétaire de la nouvelle taverne qui ouvrait le soir même à l’entrée de Nomatansanqua : quelle manne !
Pour l’anecdote : le propriétaire a gagné au loto, et à donc fait construire cette taverne.
Les retours furent particulièrement bruyants, étalés entre 3 et 5 h du mat, mais surtout agrémentés de coups de klaxons intempestifs afin qu’on leur ouvre la barrière, alors qu’ils avaient des télécommandes ! Je suis sortie comme une furie pour faire taire les chiens qui se mêlaient au concert, et passé un monstre savon à toute la bande. Cela n’a pas atténué leur bonne humeur, on les entendais rire et chanter depuis notre chambre. Inutile de dire que les autres clients ont eu une nuit raccourcie, plutôt fair-play, ils en ont ri.
Le matin fut tout aussi bruyant, des éclats de rires, sans fin, en engloutissant le p’tit dej, j’ai du leur faire des œufs brouillés, en plus du choix proposé habituellement, mais après 2 douzaines d’œufs, voyant toujours de nouvelles têtes, je les ai comptés et oh, surprise, ils étaient déjà 24, là, j’ai dit stop. Ensuite ils tournèrent au cidre et au whisky (je précise qu’ils avaient leur reserve perso de whisky), je ne vous dis pas la hauteur des décibels.Ils se sentaient bien, ils sont restés jusqu’à 13 H, pas rancuniers, accolades et gestes de sympathie conclurent ce WE, ils vont revenir, nous leur avons demandé de réserver toute la maison, ils pourront faire le bruit qu’ils veulent !
Daniel, comme il se doit, est allé inauguré la taverne, il a passé un bon moment. De la rencontre : Bafana, Mexico, il n’a vu que le premier but car : panne d’électricité, le patron avait oublié de recharger son compteur, et bien pendant 1/2 heure ils ont chanté et dansé à la lueur de lampes de poche ; nous, on aurait râlé ! nooon ??
Hier soir nous avons décidé d’y retourner, et avec nous, une bonne partie de nos clients, c’était sympa. Notre arrivée, fut, comme toutes les autres, saluée par un vrombissant coup de vuvuzela, c’est vraiment assourdissant. Nous avons eu le plaisir de voir d’autres touristes avec les patrons d’un autre guest : ça m’a vraiment fait chaud au cœur ce mélange, et puis l’hymne a retenti, et là comme un seul homme toute la salle s’est levée et beaucoup ont chanté, la main sur le cœur j’en avais la chair de poule.
L’ambiance était chaleureuse et bruyante, chaque approche du but encouragée par les vuvuzelas, mais le plus touchant c’est quand les Bafanas se sont trouvés en difficulté, les filles se remirent à chanter l’hymne et d’autres chants d’Afrique, c’était émouvant.
Cela me remémore un article que j’ai lu et que je partage, à propos des vuvuzelas très contestées pour leur décibels, mais pas que. C’est avant tout un beau leurre, au bénéfice de la FIFA (fabriquées en chine, des milliers se sont aussi vendues en Europe ) et très réducteur pour l’image d’un pays. Une soit disant reprise des cornes de kudu, moyen utilisé en d’autres temps, pour communiquer entre villages… avant l’avalanche de portables !
Finalement moyen efficace de ne pas entendre le fond de leur culture avec leurs chants et autres instruments de musique locaux, et quand on veut faire taire des gens on leur met qq chose dans la bouche c’est bien connu !
En tout cas, nous avons passé une excellente soirée avec, à la mi-temps et après le match ; musique et danse. J’ai apprécié leur façon spontanée et joyeuse, de nous faire entrer dans la danse: en cercle, l’une après l’autre va au centre et fait une figure, encouragée par le groupe, je me suis régalée.
J’aurais bien dansé toute la nuit, mais il fallait rentrer…..correct à 10 h 40
A la relecture de ce billet je me rends compte combien violence , joie et peine s'entremêlent et c'est un peu en résumé la vie ici...